Archives mensuelles : juin 2008

5 Tibétains à Montréal

Il fait chaud sur l’ile du nord, un peu trop même au gout de certains.

Grosse semaine, car je travaille sur plusieurs projets en ce moment, ce qui me ralentit un peu du côté de ce blog.Mais c’est bien, ça bouge, c’est plaisant de voir les pièces du casse-tête se mettre peu à peu en place.

Alors le dimanche, c’est la parenthèse, ô temps, suspends ton vol, on retrouvera lundi le rythme du travail.

Et c’est ainsi que hier, une promenade à travers les ruelles m’a conduite à une rencontre que j’attendais depuis longtemps.

Une rencontre avec 5 tibétains (qui en fait sont 6).

C’est Mélanie, des Studios Lyne St-Roch, qui a fait les présentations. En fait, ces 5 tibétains sont un ensemble de mouvements de yoga qui provient de la tradition ancestrale des moines tibétains. Ils ne sont pas compliqués, mais si on se donne la discipline de commencer la journée avec eux, ils nous donnent une belle énergie.

Nous avons passé la matinée à les apprendre, l’un après l’autre. Et surprise, il y en avait un sixième !

De les connaitre mieux, je sais maintenant qu’ils vont faire partie de ma vie quotidienne pour longtemps… une belle découverte.

Quand la réalité nous questionne…

Voici ce que j’ai écrit en réponse à un texte paru sur Rue89. C’est une partie de ma réalité. C’est la vie.

« En 1997, un beau hasard de la vie m’a conduite à Manzanillo. Coup de foudre pour un pays magnifique., je n’avais pas passé l’immigration que j’étais en amour avec le Mexique.
Quelques mois plus tard, je découvrais la Baja California Sur. San Jose del Cabo, vieille ville coloniale, et aussi Cabo San Lucas, fief des fêtards américains. Entre les deux, un « corridor » de terrains de golf, tous plus luxueux les uns que les autres. Fait sur mesure pour les riches Américains de Californie, qui ont transformé la péninsule en un terrain de jeu fait sur mesure pour eux. Rien à voir avec la réalité mexicaine, découverte au cours de promenades dans la partie mexicaine de San Jose et aussi dans le désert (parenthèse : au Mexique, les régions touristiques comprennent une « zone hôtelière » et la ville des Mexicains).

Plusieurs voyages au Mexique m’ont confirmé que j’aimais ce pays, malgré ses défauts, à cause de son peuple ô combien chaleureux.
De m’être promenée dans différentes régions m’ont confirmé ce que je pressentais : la cassure est majeure entre la Baja California, le nord du Mexique le long de la frontière américaine, et le reste du pays.

Depuis 4 ans maintenant, je partage ma vie entre le Canada et le Mexique.
De Montréal à Cancun, ville artificielle bâtie elle aussi pour le tourisme, principalement celui en provenance des Etats-Unis (lieu de passage obligé pour me rendre à Isla Mujeres), de Cancun à Montréal – et je recommence tous les deux mois.
Depuis quelques temps, je lis beaucoup d’histoires d’horreurs sur le narcotrafic. Lisez des journaux à sensation comme le Por Esto (http://www.poresto.net), vous allez découvrir la version mexicaine des faits-divers, photos de cadavres à l’appui. À les lire, on a le cœur qui vire à l’envers.
Visitez ensuite le site du Diario de Yucatan
(http://www.yucatan.com.mx/default.asp), ce n’est plus le même pays.
Je vous le garantis, ma vie se déroule sans encombre …
Attention, je ne veux pas dire que le Mexique est un tranquille paradis terrestre: je lis, j’entends tant d’histoires d’horreur à propos du nord du Mexique, des exploiteurs aux assassins de femmes, des abuseurs d’enfants aux trafiquants de drogues et d’humains. D’humains, oui. De ma fenêtre à Isla Mujeres, je vois parfois arriver ces petits bateaux qui viennent de se taper 150 kilomètres en mer, de Cuba au Yucatan. Les balseros. Ça me serre le cœur. Ils sont pris en charge (quand l’armée mexicaine ne les as pas attrapés avant) par des trafiquants sans scrupules, des Cubains venus de Floride.
Il y a aussi la drogue, cela ne manque pas dans le coin, comme sur le reste de la planète d’ailleurs. Hélas. Cela nous préoccupe tous. Il y a la corruption, conséquence des salaires de misère versés aux fonctionnaires.

Appelez-moi la naïve de service : je suis sûre qu’il y a un moyen d’arrêter ces horreurs.
Quand les hommes vivront d’amour, n’auront plus besoin de tuer pour manger, de trafiquer pour s’offrir un toit… la vie sera belle!
La drogue transite par le Mexique pour se rendre aux USA et au Canada. Deux pays où la vie est si belle, qu’on a besoin de se geler pour la supporter. Je me trompe ?
Cette drogue qui fabrique de l’argent facile, quel piège pour les habitants d’un pays pauvre, qui y voient une porte de sortie de la misère. Je me trompe ?
Moi non plus je n’aimerais pas savoir mes enfants en vacances dans le nord de la péninsule de Californie.
Je n’aimerais pas cela du tout.
Cela dit, une partie importante des revenus du Mexique vient du tourisme. Et leur faire perdre cet argent, alors qu’ils en font beaucoup pour assurer notre sécurité lorsque nous les visitons : pensons-y bien, et faisons la part des choses entre les récits des journaux à sensation, la réalité de certaines parties du Mexique … et le bonheur de partager leur quotidien dans des zones non affectées par ce poison… »

Un plan B qui devient un plan I. I comme dans Isla.

Le plan A, c’était une marche jusqu’au Ballon blanc, petite boutique prometteuse découverte sur le site des Zurbaines.

Le plan B a été déclenché pour cause d’orage sur Montréal. Petit souper, petite soirée à travailler sur certains projets.

Pause projets.

Un tour sur Facebook, un sur Netvibes, un sur le site d’Air Canada. Juste regarder les billets disponibles. Au «caz’où » …

Wow, il y en a un. À bon prix en plus – mieux que cela : l’aller-retour sur le vol direct !

Légère panique due au prix du baril de pétrole ?

Pour être sûre d’y retourner ?

Parce que… parce que ? C’est ma vie et c’est non négociable ?

Marre du gris, de la pluie ?

J’ai cliqué sur « continuer », j’ai cliqué sur « acheter ».

Dans le petit coffre, il y a maintenant deux billets. Un pour juillet, un pour novembre.

Folle ? oui, un peu.

Parce qu’il faut croire en la vie, croire qu’il y a des lendemains qui chantent, quoi qu’il arrive…