Archives mensuelles : avril 2009

Carte postale 17, dont le sujet sera un virus un peu cochon

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Chers tous,

Ô combien j’aurais aimé n’avoir à vous parler que de ma dernière visite à La Bruja, une des meilleures loncherias de la colonia La Gloria, de son très gentil service, de son excellente enchilada suiza, de ses fajitas au poulet, de son guacamole et du délirant décor… . La Bruja, c’est une sorcière, mais celle-ci est plutôt une magicienne des petits plats typiques du Mexique…

Par contre, on pourrait croire qu’une bruja moins gentille a décidé que le Mexique allait vivre des jours difficiles. Depuis une semaine, on ne parle plus que d’un microbe psychopathe qui tue certes moins que les narcotrafiquants, mais qui a réussi, allez savoir comment, à prendre toute la place de toutes les « une » des journaux de la planète, du nord au sud et de l’est à l’ouest. La vedette du moment, rien de moins.

Que vous dire ? Je vis ça de l’intérieur, je suis au Mexique, à Isla Mujeres, pas loin d’où, paraît-il, le cochon virus – qu’il faut maintenant appeler grippe mexicaine et non plus grippe porcine – a attaqué deux touristes anglais, provoquant l’arrêt des vols qui amenaient chaque semaine, d’Angleterre au Mexique, des centaines de Britanniques heureux à l’idée de découvrir la Riviera Maya.

Depuis lundi et jusqu’au 6 mai, les écoles sont fermées, pour le bonheur des petits Mexicains. Mais aussi tous les cinémas, musées, et maintenant sites archéologiques. De Teotihuacán à Tulum, en passant par Chichén Itzá, Uxmal, Palenque, Cobá, les villes anciennes retournent, pour quelques jours au moins, au silence et à la solitude…

À México, à partir de demain, seront également fermés restaurants, cafés, bars, cabarets, discothèques et dancings.

L’aéroport de Cancun, d’ordinaire très achalandé, sera lui aussi très tranquille, puisque de plus en plus de vols sont annulés, en provenance du Canada, de la France, et probablement bientôt d’autres pays.

Mise au point : oui, la prévention, c’est bien. Et même très bien. Pendant la période des ouragans, nous sommes habitués à bien nous préparer, avec pour résultats qu’il y a très peu de morts lors du passage d’un cyclone, même aussi puissant que Dean

Mais je dois vous dire que nous comprenons difficilement un tel branlebas de combat pour combattre un virus qui a fait très peu de morts comparativement à bien d’autres maux qui nous accablent :  à travers le monde, quotidiennement, 24 000 personnes meurent de faim  et 6000 du SIDA … pour ne parler que de ceux-là…

Mes amis enregistrent annulation sur annulation – imaginez la catastrophe, pour une région qui vit du tourisme – Cancun est la première place touristique du Mexique et la cinquième de la planète.

Cela dit, l’humour noir, spécialité mexicaine, a bien évidemment su tirer parti de la présence du microbe.

Pendant ce temps, bien des évènements importants sont occultés : crise économique, pertes d’emplois, faillites autant de compagnies que de particuliers.

Le microbe, bien appuyé par l’OMS, tient solidement la une des journaux – et des blogs – du monde entier.

Voulez-vous que je vous dise : ce qui va rendre malade le Mexique, ce n’est pas tant la grippe porcine – pardon mexicaine – que le stress que vont vivre tous ceux qui auront perdu leur gagne-pain – pour cause de crise ou de virus…

À part ça, il fait beau, tout va bien, on vous attend.

Bises,

Renée

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Bleue, bleue la mer, pour le jour de la Terre …

Depuis ce matin, j’essaye de vous écrire un billet songé sur les dangers qui guettent notre planète, et en particulier le coin ou j’ai posé mon sac. Je voulais vraiment. J’ai remis cent fois sur le métier mon ouvrage… sans résultat.

Et pour cause : le ciel et la mer m’ont noyée dans les bleus aujourd’hui. Assez pour me donner plus envie de vous parler des particularités (saviez-vous que notre péninsule est une gigantesque plaque flottant sur une fine couche d’eau douce et salée, qui communique avec la mer ?) et des beautés de la péninsule du Yucatan que des problèmes causés par le surdéveloppement touristique…

Réflexions

Une de ces prochaines fins de semaines, j’irai visiter l’un des  joyaux du Patrimoine Mondial de l’Unesco, la biosphère de Sian Ka’an.

Sian Ka’an, en maya, signifie « origine du ciel ».

Située près de Tulum, cette immense réserve (en fait le plus vaste territoire protégé de toute la péninsule) abrite forêts tropicales, mangroves et marais, ainsi qu’une vaste étendue marine traversée par une barrière de récifs. Elle abrite une flore et une faune très riches – plus de 300 espèces d’oiseaux et une centaine d’espèces de mammifères.

On explore la réserve via le Centre Ecologique de Sian Ka’an qui offre informations, excursions dirigées et hébergement à ceux qui veulent visiter la réserve.

Une autre découverte ?

Véritable paradis pour les ornithologues, lieu de refuge de l’une des colonies de flamants roses la plus importante du Mexique, Rio Lagartos, à une centaine de kilomètres au nord de Valladolid, est une autre réserve protégée que je me promets d’aller découvrir. Y cohabitent plus de deux cents espèces d’oiseaux …

Bonne journée de la Terre…

Tranche de vie

Ainsi va la vie, il faut parfois prendre le bateau et s’en aller sur le continent, quitter cette « étendue de terre entourée d’eau, émergeant d’une mer » – telle est la définition d’une ile, aussi jolie soit-elle …

La plupart du temps, je trouve sur l’ile, dans ses marchés, ses tiendas près de chez moi, et même au supermarché de Centro, tout ce dont j’ai besoin. Cependant, parfois, je dois prendre le bateau et me rendre à Cancun …

En vérité, je n’aime pas Cancun. À part certains endroits, tels, par exemple le terminal d’autobus, parce que justement, il me sort de cette ville artificielle, bâtie pour le tourisme, séparée en deux par une invisible frontière (de cristal, dirait Carlos Fuentes) ou le Mercado 23, découvert il y a peu, qui m’enchante par ses couleurs et ses saveurs.

mercado 23, Cancun

Pour le reste,  entre la zone hôtelière, d’un luxe parfois inouï et souvent douteux et les centres commerciaux dans lesquels on retrouve toutes les grandes compagnies états-uniennes (Walmart, Home Depot, McDo, Burger King et les autres) … et bien, non, je n’aime pas et j’y vais quand je dois. Bateau, taxi, supermarché, taxi, bateau. En tout, 2 heures dans le bruit, la pollution, le trafic.

Le bon côté : le bonheur de se retrouver sur le bateau du retour, devoir accompli, voguant vers le calme et la tranquillité de l’ile.

Mais, me direz-vous, avec cette guerre des narcotrafiquants dont nous parlent les journaux, tu n’as pas peur de te promener seule ? Et bien mes amis, je n’ai jamais rien vu, ni entendu et me sens parfaitement en sécurité lorsque j’arrête un taxi sur la rue, lorsque je me promène sur l’avenida Tulum, lorsque je passe d’un endroit à l’autre au gré de ma liste d’achats.

Innocente, peut-être ? En partie. Cancun, vache à lait touristique du Mexique (1ère destination mexicaine, 5ème mondiale), veille sur ses touristes et tente de se nettoyer de la corruption notoire de sa police. Du moins dans la zone hôtelière. Entre les propos très alarmants du Por Esto (le JdM local, photos de cadavres en plus) et ceux du journaliste de Radio-Canada qui se veut, lui, rassurant, il y a un écart … que dire de plus, sinon que dans toutes les grandes villes, il est bon d’être alerte, sans pour autant être terrifié.

N’allez pas croire tout ce que disent les journaux !

Rebelle!

On les appelle contestataires, désobéissants, dissidents, factieux, frondeurs, indisciplinés, insoumis, insubordonnés, insurgés, insurrectionnels, mutins, récalcitrants, résistants, rétifs, révoltés, révolutionnaires… rebelles !

Ils veulent plus. Ils veulent mieux. Pour eux et pour leurs semblables. Faisant fi des règles établies, ils se battront pour en créer de nouvelles, à leurs yeux plus justes, ces rebelles qui font avancer le monde par leur curiosité, leur créativité, leur refus d’une autorité aveugle, leur goût du changement.

Une belle rebelle ? Je nommerai Simone de Beauvoir, celle qui a ouvert le chemin, menant une vie pour le moins hors-normes, pionnière d’un monde dans lequel les femmes ont plus de chance de vivre une vie qu’elles auront choisi, plutôt que celle que veut leur imposer leur entourage.

Insoumise, toujours en questionnement, les yeux ouverts sur le monde, il y a eu hier 13 ans qu’elle nous a quittés, nous laissant  un bel héritage… et un des livres qui ont influencé ma vie.

Je dédie ce billet à tous ceux qui se battent pour plus de justice sur notre planète. À tous ceux qui vivent hors des sentiers battus, ouvrant le chemin à ceux qui préfèrent une vie plus douillette… Rebelles, les pionniers ? que oui !

Mon côté rebelle ? je vis depuis toujours hors des sentiers battus, à la rencontre de tout ce que la vie peut m’offrir de beau – nomade virtuelle, nomade aussi qui de temps à autre change de pays, de vie, tout en restant en contact avec tous, merci le web et les réseaux sociaux!

Mon petit côté rebelle ? J’ai beau vouloir, décider que ce mois-ci je publierai à l’heure PILE  ma rédac’ du mois, ce billet mensuel écrit sur un sujet identique et publié le même jour à la même heure  par des blogueurs d’un peu partout dans le monde, on parle du 15 du mois à midi heure de Paris – rien à faire, on dirait que ma tête a enregistré une fois pour toutes midi, heure d’Isla Mujeres… serais-je rebelle au décalage horaire ?

Bisou en chocolat

Ce mois-ci,1/ckankonvaou;2/Avec nous en Floride…;4/Le blog de Laetitia Beranger;5/Le blog d’Orchidee;6/D’Athènes à Montréal;7/En direct des iles;8/Zürichardie;9/Il était une fois dans le sud…;10/le Denis Blog;11/Le blog de hibiscus;12/tranche de vie;13/Chocobox;14/good.mood;15/mouton.bergerie;16/une parisienne à Athènes;17/Lodi;18/Gazou;19/Sur les traces du chevalier ours;20/Betty looo-les cornus;21/Le chat qui; 22/Sylvie nous montrent leur petit côté rebelle. Ne manquez pas d’aller les lire et de leur laisser un commentaire.

Carte postale 16 – Domingo de Pascua

colores de primavera

Chers tous,

Où que vous soyez, quelle que soit la Pâque que vous célébrez, je vous souhaite la plus belle des journées et pense à vous…

La liste de Roland

La liste de Roland

Lire. Une de mes passions. Si je me suis habituée à lire sur un écran, et en suis fort aise, je n’ai jamais perdu le goût de tenir un livre entre mes mains, de tenter d’en deviner le contenu, de le découvrir page après page. Si j’ai rendu nomades la plus grosse part des bouquins qui peuplaient ma  bibliothèque de Montréal, d’autres m’ont accompagnée au Mexique.

Avant de quitter ma grande île du nord, j’ai été faire un tour chez Roland. Cher Roland. Je n’avais pas vraiment le temps de faire un choix parmi tous les ouvrages qui attendent sagement dans sa librairie, je lui ai donc demandé de me sélectionner quelques bouquins à lire pour mon premier long séjour à l’ile…

Voici ce qu’il a ajouté à ma courte liste qui comprenait le T-II d’Un taxi la nuit, de Pierre-Léon Lalonde et Ritournelle de la faim, de J.M.G. Le Clézio :

. Goliarda Sapienza, L’art de la joie

. Olivier de Kersauson, Ocean’s Songs

. Luis Sepúlveda, La lampe d’Aladino et autres histoires pour vaincre l’oubli

. Jon Fasman, La bibliothèque du géographe

. Joss Saroyan, f.i.s.de.p.u.t.e connexion

. Nadine Bismuth, Êtes-vous mariée à un psychopathe ?

. Gila Lustiger, Un bonheur insoupçonnable

Et son épouse Suzie a gentiment déposé sur la pile le dernier Suzanne Jacob, Histoires de s’entendre…

Je vous en donnerai des nouvelles. De plus, Roland m’a promis de me tenir au courant de ses trouvailles, que je pourrai ainsi partager avec vous.

Et à Isla Mujeres ? hélas, pas de Librería de Rolando … Pour trouver mon bonheur, je vais à la Librería Dante ou à la Rana Sabiduria, à Cancun.

Par contre, sur l’ile, pour ceux qui veulent échanger leur bouquin de plage contre un autre bouquin de plage, il y a le coin des livres usagés de Manãna … une belle collection de ces livres nomades que l’on nomme romans de gare, à noter la plupart sont en anglais…

Fin d’une (très) longue parenthèse

la besace à l'embarquement

Partir c’est mourir un peu, dit le proverbe… les deux mois à Montréal ont été très intenses, entre famille, amis, travail et Grand Chambardement.

La besace et sa très fatiguée nomade ont pris l’avion le 21 mars… un vol sans histoire suivi de deux semaines à prendre le temps, le temps de ne rien faire, le temps de relaxer, le temps de se promener un peu à travers la péninsule en compagnie de la copine qui a fait le voyage avec moi …

Mercado 23 - Suzie

Je m’installe maintenant dans ma nouvelle vie, sans trop réaliser encore que le sac de voyage ne sortira pas de l’armoire avant le mois de septembre pour de brèves retrouvailles avec Montréal. Tout un changement puisque depuis 5 ans, je change d’ile une fois tous les deux mois…

La nomade veut cette fois poser son sac quelque temps, se consacrer à une de ses deux oasis, mais toujours à ses deux tribus, l’une sur place, l’autre désormais virtuelle, mais si proche néanmoins !

Vivre à Isla Mujeres, travailler à Montréal, réseauter sur trois continents –  un mode de vie plaisant, qui demande juste un peu d’organisation…

Le nouveau bureau de la nomade