Archives quotidiennes : 29 avril 2009

Carte postale 17, dont le sujet sera un virus un peu cochon

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Chers tous,

Ô combien j’aurais aimé n’avoir à vous parler que de ma dernière visite à La Bruja, une des meilleures loncherias de la colonia La Gloria, de son très gentil service, de son excellente enchilada suiza, de ses fajitas au poulet, de son guacamole et du délirant décor… . La Bruja, c’est une sorcière, mais celle-ci est plutôt une magicienne des petits plats typiques du Mexique…

Par contre, on pourrait croire qu’une bruja moins gentille a décidé que le Mexique allait vivre des jours difficiles. Depuis une semaine, on ne parle plus que d’un microbe psychopathe qui tue certes moins que les narcotrafiquants, mais qui a réussi, allez savoir comment, à prendre toute la place de toutes les « une » des journaux de la planète, du nord au sud et de l’est à l’ouest. La vedette du moment, rien de moins.

Que vous dire ? Je vis ça de l’intérieur, je suis au Mexique, à Isla Mujeres, pas loin d’où, paraît-il, le cochon virus – qu’il faut maintenant appeler grippe mexicaine et non plus grippe porcine – a attaqué deux touristes anglais, provoquant l’arrêt des vols qui amenaient chaque semaine, d’Angleterre au Mexique, des centaines de Britanniques heureux à l’idée de découvrir la Riviera Maya.

Depuis lundi et jusqu’au 6 mai, les écoles sont fermées, pour le bonheur des petits Mexicains. Mais aussi tous les cinémas, musées, et maintenant sites archéologiques. De Teotihuacán à Tulum, en passant par Chichén Itzá, Uxmal, Palenque, Cobá, les villes anciennes retournent, pour quelques jours au moins, au silence et à la solitude…

À México, à partir de demain, seront également fermés restaurants, cafés, bars, cabarets, discothèques et dancings.

L’aéroport de Cancun, d’ordinaire très achalandé, sera lui aussi très tranquille, puisque de plus en plus de vols sont annulés, en provenance du Canada, de la France, et probablement bientôt d’autres pays.

Mise au point : oui, la prévention, c’est bien. Et même très bien. Pendant la période des ouragans, nous sommes habitués à bien nous préparer, avec pour résultats qu’il y a très peu de morts lors du passage d’un cyclone, même aussi puissant que Dean

Mais je dois vous dire que nous comprenons difficilement un tel branlebas de combat pour combattre un virus qui a fait très peu de morts comparativement à bien d’autres maux qui nous accablent :  à travers le monde, quotidiennement, 24 000 personnes meurent de faim  et 6000 du SIDA … pour ne parler que de ceux-là…

Mes amis enregistrent annulation sur annulation – imaginez la catastrophe, pour une région qui vit du tourisme – Cancun est la première place touristique du Mexique et la cinquième de la planète.

Cela dit, l’humour noir, spécialité mexicaine, a bien évidemment su tirer parti de la présence du microbe.

Pendant ce temps, bien des évènements importants sont occultés : crise économique, pertes d’emplois, faillites autant de compagnies que de particuliers.

Le microbe, bien appuyé par l’OMS, tient solidement la une des journaux – et des blogs – du monde entier.

Voulez-vous que je vous dise : ce qui va rendre malade le Mexique, ce n’est pas tant la grippe porcine – pardon mexicaine – que le stress que vont vivre tous ceux qui auront perdu leur gagne-pain – pour cause de crise ou de virus…

À part ça, il fait beau, tout va bien, on vous attend.

Bises,

Renée