Archives de Catégorie: Découvrir la péninsule du Yucatan

José m’a raconté…

amanecer

Au cours de promenades sur la plage ou devant une (ou des) bière(s) bien fraîches, il répond avec gentillesse et humour à mes nombreuses questions sur l’ile, la mer, les Mayas, le Yucatan, le Mexique, la politique locale – et j’en oublie.

Il connaît tant de choses sur mon ile du Sud et sur la Péninsule : il y est né, y a vécu toute sa vie et est aussi sédentaire que je suis nomade.

Isleño de naissance, ancien pêcheur de langoustes, bon vivant (souvent, il me fait penser au pêcheur de cette histoire) et fin conteur, José est une encyclopédie à lui tout seul.

À force de l’écouter, j’ai pensé : et pourquoi ne pas partager avec vous ces moments, qui vous feront découvrir la Péninsule « de l’intérieur » ?

J’inaugure donc aujourd’hui une nouvelle catégorie sur En direct des iles : José m’a raconté

la X-Tabay 1la X-Tabay 2

Xtbay, la charmeuse

Amarrée près de Playa Norte, une lancha se balance doucement sur la mer. Son nom, X-Tabay m’intrigue quelque peu.

José ? que signifie X-Tabay ?

«Les Xtabay sont des très très belles femmes, bien habillées, elles portent des hipils merveilleusement brodés, de beaux bijoux, elles sont parfumées … et très dangereuses à rencontrer pour un homme : si tu rencontres une Xtabay, elle va t’attirer, te séduire, te promettre de merveilleux moments en sa compagnie, en fait elle te promet tout ce que tu voudras. Et si tu la suis, si tu l’écoutes, tu te réveilleras tout seul, au milieu de nulle part, loin de ton chemin, dans un champ rempli de cactus et de buissons épineux. Et bien sûr la Xtabay ne t’aura rien donné de ce qu’elle t’a promis. Juste des problèmes. Ce sont de vraies démones que l’on peut rencontrer partout à travers la péninsule… Il vaut mieux les éviter, bien sûr, mais tu connais les hommes… »

Cette légende est encore très vivace à travers le Yucatan d’aujourd’hui: dans le monde maya, les Xtabay étaient des déesses sylvestres. Elles attiraient le voyageur solitaire loin de son chemin et on ne le revoyait jamais.

Un mythe que l’on retrouve également dans la Grèce antique, avec la légende des sirènes auxquelles résista Ulysse, prévenu par la magicienne Circé.

Messieurs, vous ne pourrez pas dire qu’on ne vous aura pas prévenus 😉 …

Après le calme … les tempêtes

souffle souffle le vent...

On en aurait oublié que c’est la saison des ouragans : un temps splendide et pas la moindre dépression tropicale à l’horizon, encore moins de tempête portant un nom. Il a fallu attendre la mi-août pour voir un peu d’action dans l’Atlantique (remarquez, nous ne nous en plaindrons pas !). Un peu ? En moins de trois jours, Ana, Bill et Claudette ont montré le bout de leurs gros nuages ! Bref un début tardif, mais intense, car il faut remonter à 1984 pour voir se former trois tempêtes tropicales en moins de 24 heures…

Aux dernières nouvelles, Ana perd de la puissance, Bill est devenu un ouragan et Claudette a touché terre et termine de se dissiper au-dessus de l’Alabama.

Ni Ana ni Bill ne viendront nous visiter, ils poursuivent leur route bien plus au nord…

La seule chose que je souhaite (mais Dame Nature n’en fera bien évidemment qu’à sa tête, comme d’habitude) : qu’aucun ouragan ne ravage Cuba cette année, que l’ile connaisse un répit après une saison 2008 particulièrement dure avec trois ouragans majeurs qui s’étaient montrés bien destructeurs en septembre…

AnaBillClaudette

Petite tortue deviendra grande (peut-être)

Après une soixantaine de jours, elles sont sorties de leurs œufs et nagent maintenant avec énergie et enthousiasme dans le bassin qui leur sert de maison, en attendant le retour à la mer. Quel plaisir de les découvrir, lors de mon dernier passage à la Tortugranja !

Ces bébés tortues sont des Carey, l’espèce la plus commune au Yucatan, et aussi la plus petite (taille maximale de 90 centimètres, pour un poids de 80 kilos)

Peu d’entre elles deviendront des adultes (on calcule une ou deux par nid) et on ne sait quasiment rien des lieux qu’elles fréquentent les premières années de leur vie. Cela reste un des grands mystères de la nature… tout comme le mécanisme qui leur permet de retrouver leur plage de naissance qu’elles reviendront fréquenter vers l’âge de 15-20 ans.  On les reverra près des récifs de corail, se nourrissant principalement d’éponges tout en ne dédaignant ni algues, ni crustacés, ni petits poissons ou encore méduses !

Les scientifiques ont longtemps pensé que la Carey était sédentaire, avant de découvrir qu’elle aussi peut couvrir de longues distances au cours de sa vie…

TortugitasTortugitasTortugitasTortugitas

Les Mayas pensaient que les tortues pouvaient apporter la pluie et faire pousser les cultures.

Une antique légende raconte que Chac, le dieu de la pluie, était tombé sous le charme d’une belle déesse. Il en avait oublié la terre et le pays Maya vivait une épouvantable sécheresse, car Chac, tout occupé à courtiser sa déesse, n’écoutait plus les prières des prêtres.

Les Mayas demandèrent alors aux tortues sacrées d’intervenir. Elles furent hissées sur le toit des temples et des maisons et de là, appelèrent Chac qui reprit enfin conscience de son rôle. À l’invitation du dieu, elles crachèrent longtemps de l’eau, les humains furent désaltérés et les récoltes sauvées… est-ce cette légende qu’illustre la Maison des Tortues à Uxmal? Un autre mystère…

Carte postale 21 : quand la Méditerranée rencontre la Mer des Caraïbes…

Chers tous,

Il y avait du sable, du soleil et du pastis, des cochonnets, et des boules aussi…

La Méditerranée a rencontré la mer des Caraïbes hier à Playa del Carmen ; ça sentait le petit jaune comme dirait ma copine Corinne (normal, Ricard sponsorisait l’événement)  le français et l’espagnol se mêlaient, les Français heureux de retrouver leurs traditions et les Mexicains de découvrir un nouveau jeu, et tout le monde s’amusait ferme.

Tournoi de pétanque, Playa del Carmen

Retour à Playa pour la nomade, donc,  histoire d’assister à… un tournoi de pétanque, mais oui ! organisé par un groupe de Français du coin, l’Alliance Française et le Consulat de France à l’occasion de la fête nationale – célébrée ici par tous les francophones du coin.

Sur la calle 26, on était loin du célèbre « sous les pavés, la plage », bien au contraire, le sable recouvrait une portion de la rue pour permettre à environ 100 joueurs de pétanque de participer au tournoi – la place des Lices n’était pas loin !

Entre deux commentaires, les spectateurs pouvaient siroter leur pastis, déguster vins et tequila et accompagner le tout avec des andouillettes, merguez, boudin noir et saucisses de veau, qui grillaient pas loin de l’aire de jeu, merci à l’ami Michel Fournier.

Tournoi de pétanque, Playa del Carmen

Michel Fournier

On aurait cru entendre chanter les cigales…

Je n’ai pas su si les perdants avaient dû respecter la règle en cours dans le sud de la France, berceau de ce jeu si convivial… je sais juste que je me suis beaucoup amusée, ai revu des amis et en ai rencontré de nouveaux.

Pas monotone, la vie au Yucatan, peuchère ! J

Carte postale 20 – Buddha Bar sur la plage

Chers tous,

Rose, le palmier!Sur la plage du Mamita's

Les palmiers rosissent de plaisir, 2000 personnes dansent sur la plage, Claude Challe, DJ de Buddha Bar Paris, s’active à ses tables et revisite pour nous rythmes arabes, latins, disco – et même Beethoven !, les remixant pour créer cette musique lounge qui depuis 10 ans fait notre bonheur et sa réputation.
Imaginez-vous, votre cocktail préféré à la main, les pieds dans le sable du plus beau beach club de Playa del Carmen (certains disent même que c’est le plus beau du Mexique) – et cette musique ! Quelle belle manière de commencer l’été.

Claude Challe

C’est là que nous étions hier soir, grâce à Maud Vetter Houssais, directrice de l’Alliance Française, à Florent Houssais, Consul honoraire de France à Cancún et au Mamita’s Beach Club, qui, en collaboration avec le Municipio de Solidaridad de l’état du Quintana Roo, pour célébrer le début de l’été 2009, nous ont organisé une Fête de la Musique qui a rassemblé plus de 500 musiciens …

Et quelle chance, nous aurons bientôt d’autres occasions de nous rencontrer !

Claude ChalleFête de la Musique 2009, Playa des CarmenBar du Mamita's.

Rituel estival

Tortugranja, Isla Mujeres

De mai à octobre, les biologistes guettent leur arrivée. Elles émergent de la mer après un long voyage. Après avoir tant nagé (et elles nagent vite, je peux vous le dire, pour les avoir croisées au cours de mes plongées), les voilà toutes pataudes sur le sable, elles montent lentement, creusent un trou et pondent. Entre 100 et 200 œufs, selon leur taille et leur âge, qui seront recueillis pour être enfouis dans un champ de sable, à l’abri des prédateurs, à la Tortugranja (Ferme des Tortues), lieu consacré à l’observation et à la préservation des tortues des Caraïbes. Pour avoir pu en tenir un dans ma main, je peux vous dire que l’œuf de tortue n’a rien en commun avec les œufs de poule : ils sont gros comme une balle de ping-pong, lourds, et surtout, froids – ce qui est logique mais surprenant pour notre imaginaire qui assimile œuf et douce tiédeur…

prête à pondretortuesun à un, apparaissent les oeufsune partie des oeufs

Il y a déjà 8 nids à la Tortugranja et ce n’est que le début. Dans une cinquantaine de jours, les petites tortues débuteront leur existence dans les bassins de la ferme et  et découvriront la mer, relâchées par les enfants de l’ile, le premier dimanche de septembre, pour aller y vivre leur vie . Celles qui survivront (1 sur 1000) reviendront nous visiter dans quelques années…

les plus récentesIncubateur pour tortuesTortugranja, Isla MujeresUn des bassins de la Tortugranja

J’ai eu la chance, à plusieurs reprises, d’aller les observer. Je ne m’en lasse pas et serai contente de retourner les voir, sans oublier que l’inconscience des hommes a failli avoir raison d’elles, qui vivent sur notre boule bleue depuis depuis l’ère dite des reptiles (entre 245 et 65 millions d’années), survivant à des changements climatiques assez drastiques que pour faire disparaître, à l’ère jurassique, la moitié des espèces y vivant à l’époque, ou encore aux bouleversements causés par la collision d’un météorite dans la zone de Chixculub.
Quatre espèces de tortues marines fréquentent les côtes d’Isla Mujeres : la tortue blanche, la Cahuama, la Carey, et, parfois, la tortue luth.

Tortugranja, Isla MujeresTortugranja, Isla Mujeresl'heure du repas...miam!

La pollution (les sacs en plastique sont des tueurs, lorsque jetés à la mer, confondus avec une méduse par les tortues qui les avalent et s’étouffent ), la dégradation de leur milieu de vie (construction d’hôtels le long des plages qu’elles ont l’habitude de fréquenter), les captures accidentelles par les flottilles de pêche et surtout le braconnage ont considérablement réduit leur population.

Elles sont désormais protégées à travers tout le Mexique et sévères sont les conséquences pour ceux qui se risqueraient à les maltraiter.

Mais plus que par des lois, elles seront réellement protégées lorsque nous respecterons leur milieu de vie, nous y intégrant plutôt que de briser leur fragile écosystème…

Pour plus d’info, je vous invite à consulter les deux sites suivants :

Tortues marines de la Péninsule du Yucatan (en français)

Tortugas marinas – Quintana Roo (en espagnol, mais ne manquez pas les superbes vidéos)

Notes :

. certaines des photos qui accompagnent ce billet (celles de la plage) ont été publiées antérieurement ; j’ai promis de ne plus aller voir les tortues avec ma caméra, après avoir obtenu un « contrat » de cinq photos… elles n’aiment pas ça, les photos, les lueurs des flashs, alors, respectons cela…

. ce billet est dédié à Zoreilles, qui aime les tortues – je lui avais promis de leur consacrer au moins un billet, voilà qui est fait…

Recette pour bien commencer la journée

. regarder le soleil se lever, tout en saluant les copains sur twitter

. lire son journal personnalisé avec Netvibes

. ne pas oublier de twitter les liens intéressants…

. emmener El Veloz faire un tour jusqu’au marchand de jus d’orange.

. demander un jus d’orange à la chaya *

naranjas dulcesprêtes pour le pressagejus frais, frais, fraisle jus + la chaya

. revenir par le bord de mer.

. déguster tout en préparant un billet…

Et voilà – retour à la programmation régulière.

Bonne journée !

* La chaya, que l’on surnomme parfois l’épinard du Yucatan, est un arbuste à croissance rapide que l’on trouve à travers toute la péninsule et qui produit beaucoup de grandes feuilles d’un vert sombre. La chaya a une teneur exceptionnellement élevée en protéines, calcium, fer et vitamine A.