Vos papiers s’il vous plait – la suite

la besace de la nomade à l'aéroport

Les Mexicains ne seront pas seuls à poireauter devant un consulat à Mexico et ils le feront en bonne compagnie : les Français vivant au Mexique doivent, depuis le 28 juin, se rendre dans la capitale pour obtenir un passeport, « données biométriques » obligent… car dans les deux cas, visas pour les Mexicains et passeports pour les Français, les précieux et indispensables documents ne peuvent être demandés et délivrés que dans l’antique cité des Aztèques…

Alors que les médias sociaux, la globalisation, internet, ont rapetissé ce terrain de jeu que l’on nomme planète Terre, il semblerait que les gouvernements prennent un malin plaisir à compliquer la vie des nomades, de plus en plus nombreux à choisir un mode de vie qui peut paraître hors-norme à certains, mais qui est appelé à se banaliser au cours des prochaines années.

Il est de plus en plus courant de changer de travail, de ville, de pays, de continent au cours de sa vie – la vie nomade devient non pas la norme, mais une option parmi tant d’autres, puisque les technologies nous permettent maintenant de vivre « le travail libéré du lieu »… et pourquoi passer toute sa vie au même endroit quand nous pouvons nous connecter d’un peu partout et travailler peu importe l’endroit… sans compter le goût des voyages habilement développé et exploité par l’industrie du tourisme, qui génère chaque années des sommes astronomiques – des revenus qui représentent au Mexique une part très importante du PIB.

Je reviens donc à ce paradoxe qui me rend très perplexe : voyagez, travaillez à l’étranger, nous dit-on, pour ensuite nous compliquer la vie avec des tas de paperasses, des moches photos, et des modalités tellement coûteuses et compliquées que finalement, se déplacer librement sera réservé aux bien-nantis, point.

Ou peut-être a-t-on décidé de nous faire voyager juste sur le net ?

Songeuse je suis – j’ai même pensé un moment, style humour grinçant, à demander, tant qu’à faire, le statut de réfugiée politique au Mexique. Par solidarité. Rigolade. En fait, je me lance très bientôt dans la saga du FM3, ce sera à lire sur Profession : Nomade

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Vos papiers, s’il vous plait

Nous sommes merveilleusement accueillis chez eux, ils adorent venir nous visiter. Je devrais peut-être dire adoraient, car le gouvernement canadien a pris tout le monde par surprise en imposant sans délai un visa aux Mexicains qui souhaitent venir découvrir le pays de la feuille d’érable – sans tenir compte du casse-tête que cela allait poser, car la majorité d’entre eux viennent entre la mi-juillet et la fin du mois d’août, en voyages de groupe.

Imaginez : ils avaient depuis longtemps réservé leur séjour et ils doivent maintenant se rendre tout d’abord à Mexico pour demander leur visa (les consulats n’offrent pas le service) sans savoir s’ils vont le recevoir à temps pour partir ; imaginez aussi l’industrie touristique canadienne qui s’apprêtait à recevoir ces dizaines de milliers de visiteurs – une industrie déjà durement touchée par la récession et un dollar fort…

Le commentaire que j’entendais souvent de la part de mes copains mexicains portait justement sur le fait que contrairement aux Etats-Unis, le Canada n’exigeait pas de visa, ils en étaient heureux, se sentant traités comme des citoyens à part entière.

Au-delà des problèmes techniques, du coût (100$ par personne) et du stress causé par ce visa demandé abruptement à partir de tout de suite, il y a un sentiment de tristesse et de déception – ils participent à l’Alena, et sont les seuls du continent à ne pouvoir voyager librement dans les trois pays d’Amérique du Nord, les seuls à devoir quémander un visa, pas facile à obtenir de plus ! Canadiens, États-uniens et marchandises rentrent au Mexique sans problème, cherchez l’erreur.

Vous me direz que certains ont abusé du système … je répondrai oui. Mais n’y avait-il pas un moyen moins drastique de régler le problème des faux réfugiés ?

Je me sens triste et très mal à l’aise devant cette situation. Depuis plusieurs années, je partage mon temps entre Montréal et le Mexique, je n’ai jamais eu de problème, et arriver à l’aéroport de Cancun – ou de Mexico – est un agréable moment car agents de l’immigration et douaniers sont souriants et nous accueillent très bien (une grande différence avec d’autres aéroports…).

Le sujet du jour était nettement plus gai, puisque je voulais vous parler de la fête du 14 juillet, organisée par le Consulat de France, qui réunissait Français, Francophones et Mexicains dans un restaurant chinois de Cancun. Il y avait entre autres une tombola, le grand prix – un voyage à Paris – a été gagné par un couple mexicain. Quelle chance, ils pourront partir sans problème, l’Union Européenne n’exigera pas un visa…

Mais je voulais vous faire part de mes impressions, de cette tristesse et de cette gêne que je ressens face à ces gens qui nous reçoivent si bien, sans nous demander de passer par une vraie enquête policière (le nombre d’informations demandées pour l’obtention du visa est assez ahurissant) pour profiter de leur beau pays.

prêtes à danser...Mañanitas de la Virgen de la GuadalupeDeysion parle recettes...

Carte postale 21 : quand la Méditerranée rencontre la Mer des Caraïbes…

Chers tous,

Il y avait du sable, du soleil et du pastis, des cochonnets, et des boules aussi…

La Méditerranée a rencontré la mer des Caraïbes hier à Playa del Carmen ; ça sentait le petit jaune comme dirait ma copine Corinne (normal, Ricard sponsorisait l’événement)  le français et l’espagnol se mêlaient, les Français heureux de retrouver leurs traditions et les Mexicains de découvrir un nouveau jeu, et tout le monde s’amusait ferme.

Tournoi de pétanque, Playa del Carmen

Retour à Playa pour la nomade, donc,  histoire d’assister à… un tournoi de pétanque, mais oui ! organisé par un groupe de Français du coin, l’Alliance Française et le Consulat de France à l’occasion de la fête nationale – célébrée ici par tous les francophones du coin.

Sur la calle 26, on était loin du célèbre « sous les pavés, la plage », bien au contraire, le sable recouvrait une portion de la rue pour permettre à environ 100 joueurs de pétanque de participer au tournoi – la place des Lices n’était pas loin !

Entre deux commentaires, les spectateurs pouvaient siroter leur pastis, déguster vins et tequila et accompagner le tout avec des andouillettes, merguez, boudin noir et saucisses de veau, qui grillaient pas loin de l’aire de jeu, merci à l’ami Michel Fournier.

Tournoi de pétanque, Playa del Carmen

Michel Fournier

On aurait cru entendre chanter les cigales…

Je n’ai pas su si les perdants avaient dû respecter la règle en cours dans le sud de la France, berceau de ce jeu si convivial… je sais juste que je me suis beaucoup amusée, ai revu des amis et en ai rencontré de nouveaux.

Pas monotone, la vie au Yucatan, peuchère ! J

5 de julio – journée d’élection au Mexique

sur la calle Juarez

Aujourd’hui, le Mexique vote pour élire 500 députés fédéraux, 400 députés régionaux, 6 gouverneurs et plus de 600 maires.

Tout le monde s’entend pour dire que le PAN, le parti du président Calderon, va subir une belle défaite – disons que les politiques du président sont loin de faire l’unanimité. Il suffit de Googler vote au Mexique pour trouver de nombreux articles prédisant une importante victoire du PRI, le parti qui a dominé le Mexique pendant 70 ans, avant de se faire sortir par le PAN et le président Fox en 2000.

Ici sur l’ile, on a surtout vu les partisans de Robert Borges, le candidat local du PRI: cortèges à travers les rues, fêtes dans les colonias…

On saura ce soir ou demain qui a gagné, en espérant que ce ne sera pas une autre saga de fraude électorale … comme le souligne l’article de Libération (lien ci-dessous), un certain nombre de candidats seraient directement reliés au narcotrafic …

Je vous reviens plus tard avec un petit portrait d’ambiance…

J’ai twitté quelques liens, pour ceux que ces élections intéressent :

Des élections au goût de narco (Libération)

Législatives de mi-mandat, un test pour la politique du président Calderon (Nouvel Obs)

Au Mexique, le PRI à la reconquête du pouvoir (Le Monde, avec en prime une belle analyse de la situation)

Mexique: Calderon en difficulté (le JDD.fr)

El PRI se prepara para el retorno al poder en México (El Pais)

Carte postale 20 – Buddha Bar sur la plage

Chers tous,

Rose, le palmier!Sur la plage du Mamita's

Les palmiers rosissent de plaisir, 2000 personnes dansent sur la plage, Claude Challe, DJ de Buddha Bar Paris, s’active à ses tables et revisite pour nous rythmes arabes, latins, disco – et même Beethoven !, les remixant pour créer cette musique lounge qui depuis 10 ans fait notre bonheur et sa réputation.
Imaginez-vous, votre cocktail préféré à la main, les pieds dans le sable du plus beau beach club de Playa del Carmen (certains disent même que c’est le plus beau du Mexique) – et cette musique ! Quelle belle manière de commencer l’été.

Claude Challe

C’est là que nous étions hier soir, grâce à Maud Vetter Houssais, directrice de l’Alliance Française, à Florent Houssais, Consul honoraire de France à Cancún et au Mamita’s Beach Club, qui, en collaboration avec le Municipio de Solidaridad de l’état du Quintana Roo, pour célébrer le début de l’été 2009, nous ont organisé une Fête de la Musique qui a rassemblé plus de 500 musiciens …

Et quelle chance, nous aurons bientôt d’autres occasions de nous rencontrer !

Claude ChalleFête de la Musique 2009, Playa des CarmenBar du Mamita's.

Rituel estival

Tortugranja, Isla Mujeres

De mai à octobre, les biologistes guettent leur arrivée. Elles émergent de la mer après un long voyage. Après avoir tant nagé (et elles nagent vite, je peux vous le dire, pour les avoir croisées au cours de mes plongées), les voilà toutes pataudes sur le sable, elles montent lentement, creusent un trou et pondent. Entre 100 et 200 œufs, selon leur taille et leur âge, qui seront recueillis pour être enfouis dans un champ de sable, à l’abri des prédateurs, à la Tortugranja (Ferme des Tortues), lieu consacré à l’observation et à la préservation des tortues des Caraïbes. Pour avoir pu en tenir un dans ma main, je peux vous dire que l’œuf de tortue n’a rien en commun avec les œufs de poule : ils sont gros comme une balle de ping-pong, lourds, et surtout, froids – ce qui est logique mais surprenant pour notre imaginaire qui assimile œuf et douce tiédeur…

prête à pondretortuesun à un, apparaissent les oeufsune partie des oeufs

Il y a déjà 8 nids à la Tortugranja et ce n’est que le début. Dans une cinquantaine de jours, les petites tortues débuteront leur existence dans les bassins de la ferme et  et découvriront la mer, relâchées par les enfants de l’ile, le premier dimanche de septembre, pour aller y vivre leur vie . Celles qui survivront (1 sur 1000) reviendront nous visiter dans quelques années…

les plus récentesIncubateur pour tortuesTortugranja, Isla MujeresUn des bassins de la Tortugranja

J’ai eu la chance, à plusieurs reprises, d’aller les observer. Je ne m’en lasse pas et serai contente de retourner les voir, sans oublier que l’inconscience des hommes a failli avoir raison d’elles, qui vivent sur notre boule bleue depuis depuis l’ère dite des reptiles (entre 245 et 65 millions d’années), survivant à des changements climatiques assez drastiques que pour faire disparaître, à l’ère jurassique, la moitié des espèces y vivant à l’époque, ou encore aux bouleversements causés par la collision d’un météorite dans la zone de Chixculub.
Quatre espèces de tortues marines fréquentent les côtes d’Isla Mujeres : la tortue blanche, la Cahuama, la Carey, et, parfois, la tortue luth.

Tortugranja, Isla MujeresTortugranja, Isla Mujeresl'heure du repas...miam!

La pollution (les sacs en plastique sont des tueurs, lorsque jetés à la mer, confondus avec une méduse par les tortues qui les avalent et s’étouffent ), la dégradation de leur milieu de vie (construction d’hôtels le long des plages qu’elles ont l’habitude de fréquenter), les captures accidentelles par les flottilles de pêche et surtout le braconnage ont considérablement réduit leur population.

Elles sont désormais protégées à travers tout le Mexique et sévères sont les conséquences pour ceux qui se risqueraient à les maltraiter.

Mais plus que par des lois, elles seront réellement protégées lorsque nous respecterons leur milieu de vie, nous y intégrant plutôt que de briser leur fragile écosystème…

Pour plus d’info, je vous invite à consulter les deux sites suivants :

Tortues marines de la Péninsule du Yucatan (en français)

Tortugas marinas – Quintana Roo (en espagnol, mais ne manquez pas les superbes vidéos)

Notes :

. certaines des photos qui accompagnent ce billet (celles de la plage) ont été publiées antérieurement ; j’ai promis de ne plus aller voir les tortues avec ma caméra, après avoir obtenu un « contrat » de cinq photos… elles n’aiment pas ça, les photos, les lueurs des flashs, alors, respectons cela…

. ce billet est dédié à Zoreilles, qui aime les tortues – je lui avais promis de leur consacrer au moins un billet, voilà qui est fait…

Vous avais-je dit qu’En direct des iles a un petit frère ?

la besace à l'embarquement

Il y a quelques mois, je créais un nouveau blog, Profession : Nomade, le travail libéré du lieu, avec pour objectif de séparer désormais ma vie quotidienne de ma vie professionnelle, axée maintenant sur le 2.0. J’y ai publié quelques billets, mais reconnais l’avoir quelque peu mis de côté les dernières semaines, plus occupée à m’installer dans ma nouvelle vie qu’à alimenter ce nouveau blog.

En direct des iles sera dorénavant le blog qui vous fera découvrir mon oasis du sud (les bons coins, les photos, l’histoire de l’ile, et tout ce que vous voulez savoir sur Isla Mujeres en particulier et sur la Péninsule du Yucatan en général) – avec aussi des retours à Montréal – tandis que Profession :Nomade se dédiera plus aux aspects techniques de la vie de nomade numérique et à Mexico 2.0.

Pour la première fois, j’ai divisé en deux billets une expérience de vie nomade , réservant un commentaire plus général à ce blog (voir la tranche de vie publiée hier) , et les détails plus techniques à Profession : Nomade.

J’espère que vous apprécierez cette nouvelle formule et attends avec plaisir et impatience vos commentaires…