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Un après-midi à Isla Mujeres

L’eau était fraîche et bleue, le ciel était bleu et chaud. Un parfait vendredi après-midi sur la plage de Garrafon de Castilla, à la pointe sud d’Isla Mujeres. Calme et volupté. Mais. Un regard distrait vers l’horizon, une intrigante colonne de fumée noire attire notre attention. Un bateau flambe au loin, face à la zone hôtelière de Cancun – nous apprendrons le lendemain par le Por Esto qu’il s’agit du yacht de passeurs qui amenaient à la côte une quarantaine de réfugiés cubains sans-papiers.

En fait, ces réfugiés font la traversée à bord de petites barques comme celle-ci (et bien souvent disparaissent en mer).

Les passeurs vont les chercher à quelques kilomètres de la côte, les déguisent en touristes – jusqu’au bracelet d’identification des hôtels tout-inclus de Cancun – les cachent et ensuite les emmènent vers la frontière américaine, qu’ils franchiront sans encombre en vertu de la « loi des pieds secs » qui permet aux Cubains de rentrer aux USA sans le moindre problème, en autant justement qu’ils aient les pieds secs – les côtes de Floride étant maintenant très surveillées, les Cubains passent par le Mexique… L’incendie qui s’est déclaré à bord de ce yacht n’a heureusement fait aucune victime, et les autorités mexicaines n’ont finalement pu mettre la main que sur 7 des 40 Cubains qui étaient à bord, des embarcations privées étaient venues chercher les autres… Le yacht a quant à lui été remorqué en haute-mer afin qu’il coule loin des récifs de coraux qui font la réputation de la côte du Yucatan. Cette fois, l’histoire se termine bien, mais ce n’est pas toujours le cas. Je vous avais déjà écrit ce que je pense de ce genre de trafic… depuis mon billet, ces trafiquants ont raffiné leurs méthodes…

Retour momentané à la quiétude de ce bel après-midi d’été… mais ce n’est pas fini!

Sur le chemin du retour, nous entendons miauler très très très fort. Des cris de détresse. Au bout d’un moment, nous découvrons un minuscule chaton, tout seul, perdu, criant sa détresse. Le temps de le récupérer, avec l’aide d’un petit garçon qui a pu se faufiler entre les barreaux de la grille qui fermait la cour où s’était perdu le petit aventurier, et nous étions en route pour la Clinica de Chipie qui l’a pris en charge, en attendant qu’il soit assez grand pour prendre l’avion pour Montréal – car oui, il y a déjà trouvé une famille! On vous racontera la suite, promis…

Tranquille, cette ile? pas toujours, comme vous le lisez!

Riche et célèbre: la rédac’ du mois

Sans quitter des yeux l’île qui s’approche, sourire aux lèvres, il noue son bandana, un geste que ses mains connaissent bien. Il revient d’un long voyage et depuis son arrivée à l’embarcadère, les gens n’arrêtent pas de le saluer, heureux de le voir de retour.

Quelques jours plus tard, la Clinica de Chipie ouvre à nouveau ses portes, pour le plus grand bonheur de la communauté isleña.

Delfino, notre vétérinaire, est une célébrité à Isla Mujeres. Dévoué à la cause des chiens et chats des rues – qui ne manquent pas par ici – il se bat passionnément pour améliorer leur sort.

Venu longtemps en touriste, depuis Mexico, sa ville natale, il s’est installé sur l’île, après un long séjour en France, avec une idée dans la tête : améliorer la qualité de vie des chiens et des chats de l’île et par là même, celle de ses habitants. Quelques années plus tard, les hasards de la vie l’emmenaient au Québec – mais au bout de six mois, il reprenait le chemin de l’île, pour le bonheur de tous…

Ses journées sont bien remplies: en plus de passer de longues journées à sauver et à soigner chiens et chats (et parfois aussi iguanes et mouettes) il participe régulièrement à des campagnes de stérilisation, écrit une chronique très suivie dans le Diario de Yucatan, et, ce printemps, il a ajouté une nouvelle corde à son arc, donnant des laboratoires de sciences aux étudiants du collège voisin – par-dessus tout cela, il y a aussi ses activités de musicien, et voilà un homme heureux – et très occupé!

Cette passion pour son travail est sa richesse, tout comme l’affection que tous nous lui portons.

Disons que c’est là mon idée de la fortune et de la célébrité, sans relation aucune avec les magasines people et les gros comptes de banque…

Le 15 du mois à midi heure de Paris, les rédac’ blogueurs écrivent tous un billet sur le même sujet – ce mois-ci, il nous fallait broder sur le thème « Vous en rêviez, c’est fait: à vous la fortune et la célébrité, racontez-nous votre nouvelle vie… »

42 participants pour cette rédac de juillet, allez donc les lire, et n’oubliez pas de commenter !

1/ Laurent, 2/ Olivier, 3/ Noelia, 4/ Bergere, 5/ Bertrand, 6/ JvH, 7/ Hibiscus, 8/ Anne, 9/ Julien, 10/ Chantal, 11/ Looange, 12/ V à l’ouest, 13/ Jo Ann v, 14/ William, 15/ Catie, 16/ Nanou, 17/ Cecfrombelgium, 18/ Julie70, 19/ Gazou, 20/ BlogBalso, 21/ Lydie, 22/ Lucile, 23/ Optensia, 24/ Joël, 25/ Linda, 26/ Denis, 27/ Julie, 28/ Le chat qui, 29/ Ckankonvaou, 30/ Lodi, 31/ Mahie, 32/ Asibella, 33/ Mariuccia, 34/ Brigetoun, 35/ Amanda, 36/ Renée, 37/ Agnes, 38/ Laetitia, 39/ 4nn3, 40/ MissBrownie, 41/ Karmichette, 42/ Rikar

Fût-ce le temps d’un billet, j’ai de la difficulté à m’imaginer riche et célèbre, tout au moins selon la classique définition de la chose …

Ainsi va la vie ; c’est pourquoi je vous ai conté la belle histoire d’un célèbre habitant de mon île du sud…