Archives de Tag: Isla Mujeres

Tranche de vie 3: des gris et de la lumière

Règle générale, nous baignons dans les bleus… c’est ce que viennent chercher nos visiteurs – bleu du ciel, bleus de la mer…

Parfois une exception : de l’autre côté de la fenêtre, le jour se lève tout de gris. Mais quels gris ! Parfois sombres, près du noir, ciel menaçant. Aujourd’hui, on jouait plutôt dans les gris-lumière. Jugez-en par vous-mêmes. Est-ce parce qu’ils sont rares qu’ils m’inspirent, ces gris colorés de notre ile?

petit jour gris

Même les gris peuvent être gais – et ne nous ont pas empêchées, mes copines et moi, de faire du yoga sur la plage déserte, peu avant le coucher du soleil. Que voulez-vous de mieux comme studio !

Un tour avec El Veloz, quelques longueurs dans la mer, une belle séance de yoga – quoi de mieux pour terminer une journée chargée – dois-je vraiment ajouter que le programme me plait, du lever du jour qui me voit me promener sur Netvibes, à la recherche de bons billets et de bonnes informations à partager avec vous sur Twitter, au moment de vous écrire ce billet en passant par la journée virtuelle à Montréal, travail oblige? Vie de nomade digitale bien ancrée dans ses réalités …

Grispourquoi n'y a-t-il pas de pluriel à gris?le ferry passe...balançoires 2les filets sont rangés

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Recette pour bien commencer la journée

. regarder le soleil se lever, tout en saluant les copains sur twitter

. lire son journal personnalisé avec Netvibes

. ne pas oublier de twitter les liens intéressants…

. emmener El Veloz faire un tour jusqu’au marchand de jus d’orange.

. demander un jus d’orange à la chaya *

naranjas dulcesprêtes pour le pressagejus frais, frais, fraisle jus + la chaya

. revenir par le bord de mer.

. déguster tout en préparant un billet…

Et voilà – retour à la programmation régulière.

Bonne journée !

* La chaya, que l’on surnomme parfois l’épinard du Yucatan, est un arbuste à croissance rapide que l’on trouve à travers toute la péninsule et qui produit beaucoup de grandes feuilles d’un vert sombre. La chaya a une teneur exceptionnellement élevée en protéines, calcium, fer et vitamine A.

Et il roule…

Retour de Centro, El Veloz et moi arrivons à la maison par le bord de mer… Surprise, stationné près du Fovviste – l’immeuble que j’ai le plaisir d’habiter à Isla Mujeres, je vous en parlerai plus longuement dans un prochain billet – ce camion.

Pièce de collection

Première réaction, très nord-américaine : ̏̏ ben mince alors, quelle ruine ! Et ça roule ?! ˝ – après tout, il avait réussi à venir jusque là…

Le temps de retrouver l’appareil photo dans le fond de mon sac, et j’approche du bazou. Qui n’en n’est pas un. Du tout. Il est vieux, oui (mon voisin Raul m’affirme que c’est un Ford 1945), mais très bien entretenu, avec les moyens du bord certes, mais aussi avec beaucoup d’amour et de créativité : repeint en doré à la bombe, la caisse refaite en bois, avec une sculpture à l’arrière. Et pour ce que j’en sais, la mécanique a l’air en bon état (allez les connaisseurs, approchez, et dites-moi si je me trompe).

Caisse faite main

Et j’ai pensé aux heures que son propriétaire avait passées à le maintenir en bon état, dans ce climat particulièrement destructeur pour le métal (il faut vivre au bord de la mer pour réaliser à quel point l’air marin, nomme ici salitre, se prononce salitré, détruit tout, le temps de le dire, à moins d’y consacrer le temps d’un entretien rigoureux).

Participerait-il aux parades vintage fièrement organisées par les amateurs de vieilles voitures ? J’en doute, et pourtant, il le mériterait, pour avoir survécu tant d’années, grâce aux bons soins de son propriétaire, au bord de la mer des Caraïbes…

Carte postale 18 – El Cinco de Mayo

Cinco de Mayo

Chers Tous,

Nous sommes le 5 mai, ordinairement un jour de célébrations à travers le pays : le long chemin du Mexique vers l’indépendance est jalonné de rébellions, de révolutions, de batailles dont certaines sont restées dans les mémoires, telle celle de Puebla, commémorée aujourd’hui.

El Cinco de Mayo, un peu d’histoire :

1860 : Benito Juárez est élu Président du Mexique après trois années de guerre civile. Il est l’auteur de réformes qui ont laissé un profond impact sur le pays, telle, par exemple, la séparation de l’Église et de l’État. À ce moment, l’état mexicain, ruiné, suspend le remboursement de sa dette extérieure et la France, l’Angleterre et l’Espagne décident d’intervenir. Ces deux derniers acceptent un compromis, mais la France persiste et envoie des troupes qui débarquent à Veracruz en 1862. Les 6500 soldats de l’armée de Napoléon III avancent vers la capitale, montent jusqu’à Puebla, qu’ils tentent de prendre d’assaut. Ils s’y heurteront à 4500 miliciens mal équipés, mais très déterminés, qui remporteront la bataille… Plus tard, les Français réussiront à s’imposer – pour quelques courtes années, nommant un empereur (Maximilien d’Autriche) qui finira fusillé, tandis que les Mexicains éliront à nouveau Juarez comme président.

Le Cinco de Mayo est une fête très populaire, mais qui ne marque pas le jour de l’indépendance mexicaine, laquelle est célébrée le 16 septembre, par une reconstitution du Grito de Dolores, l’appel public à la révolution lancé par Miguel Hidalgo, curé du village de Dolores, la nuit du 15 au 15 septembre 1810 …

Cette année, pas de défilés, pas de reconstitution de la bataille à Puebla comme chaque année, mais au moins, la vie reviendra peu à peu à la normale à partir de demain, dans ce Mexique paralysé depuis une semaine par un infiniment petit qui aura su prendre beaucoup, mais vraiment beaucoup d’espace …

Allez, Viva México !

Tranche de vie 2 : Il est partout? en fait il n’est nulle part…

Pélican songeur

Ce pélican semble se demander pourquoi les journaux de partout racontent que nous sommes tous terrés chez nous, jouant à des jeux de société en famille, terrorisés par le microbe qui, pour avoir changé de nom, n’en sévit toujours pas moins à travers la planète, alors qu’en réalité la vie continue – à peu près – son petit bonhomme de chemin…

Où l’on se met en perspective

Aucun cas de grippe relié au virus n’a été déclaré ni au Yucatan, ni au Quintana Roo.

Et cependant, que de dégâts à venir pour notre économie!

Quelques moments dans la vie de la nomade

Ces derniers jours, je me suis beaucoup promenée, curieuse de voir par moi-même les changements apportés par le microbe (renommé A N1H1) à notre quotidien, malgré son absence totale de notre environnement (à part dans les journaux évidemment)

C’est le début de la basse saison, mais passer de basse saison à pas de saison du tout… c’est inquiétant, surtout que si l’on en croit les journaux et les fils de nouvelles : nous devrions nous retrouver très vite avec zéro touristes, puisque plusieurs pays ont suspendu ou restreint leurs vols vers Cancun. Les chiffres annoncés dans les articles que je parcours ont de quoi faire pleurer le plus optimiste des commerçants…

Un petit tour à Centro me permet de constater que certes, c’est tranquille, mais il y a tout de même du mouvement.

à la pharmacie du superenfants au parcmalecon del caribeCentro

Ne fût-ce que parce que les voiliers de la Regata del Sol a Sol ont commencé à arriver, marquant le début d’une semaine de festivités cumulant avec la partie de basket-ball qui oppose chaque année l’équipe des Isleños aux à celle des participants à la Regata. Rues animées, restaurants bondés… pour quelques jours encore, il y a de l’ambiance.

Ragatta Sol a Sol, la partie de basket-ballAvenida Hidalgo, Isla MujeresGiorgio

Tant qu’à être sur Hidalgo, j’en ai profité pour manger mes pastas préférées (des rigatonis aux quatre fromages) au restaurant Rolandi , une institution ici sur l’ile qui depuis 30 ans nous offre pâtes, pizzas (les meilleures de l’ile, cuites dans un vrai four à bois, un régal) et autres délices, dont un poisson en croûte de sel dont je ne vous dis que ça. Le chat ci-dessous est d’ailleurs d’accord avec moi 😉

Moi aussi j'en veux, du poisson à la croûte de sel

Un bon choix de vins pour accompagner les plats, d’excellents cafés, le tout servi avec beaucoup de gentillesse et à prix raisonnable. Du Montepulciano pour accompagner les pastas, un espresso bien serré pour terminer et j’irai manger une glace à la Gelateria Montebianco de mon amie Fortunata. Un arrêt obligé avant le retour vers les colonias. Je vous en reparlerai…

Espresso

Hier, 1er mai, nous aurions dû avoir le traditionnel défilé de la Fête du Travail. Mais le Président Calderon a demandé que tous nous restions chez nous jusqu’au 5 mai, arguant que nous étions bien plus en sécurité dans la quiétude de notre foyer que dans les rues.

Pas du tout concernées, une des mes copines et moi passons à Cancun, on a des achats à faire, nous !

À voir l’animation qui régnait au Mercado 23 – ou dans les supermarchés où nous avons fait nos courses, l’appel du président n’a guère été écouté.

Mercado 23Mercado 23cordes à linges, mercado 23Mercado 23, Cancun

Peu de masques. Et parfois portés de manière originale.
Et beaucoup de monde sur les bateaux qui font la navette vers l’ile…

Oui, je l'ai, mon masque!Prêts au départ vers Isla MujeresArrivée de l'isla

De retour sur notre petit bout de terre, nous avons été déguster un potaje de lentejas (la version yucateca du petit salé) chez Pelayo, une de nos loncherias préférées. Ils préparent ce potage de lentilles tous les premiers du mois, car la tradition dit que si l’on cuisine un plat de lentilles ce jour-là, on ne manquera pas d’argent au cours du mois qui commence. Premier du mois ou pas, le potaje était délicieux, généreusement garni de légumes et de cubes de porc.

Loncheria PelayoLoncheria PelayoLoncheria Pelayo

La situation ce matin :

Un décret du gouvernement exige que du 1er au 5 mai, l’activité soit réduite au minimum à travers le pays, ce qui signifie fermeture des commerces non-essentiels.

Pour le moment à l’ile deux discothèques et un bar ont fermé temporairement ai-je lu dans le journal local.

Ce matin, j’ai juste été au petit marché près de chez moi, animation habituelle d’un samedi matin sur une petite ile ensoleillée, au large des côtes de la péninsule du Yucatan…

Au marché du CañotalAu marché du Cañotal

Plus de photos? ici…

Bleue, bleue la mer, pour le jour de la Terre …

Depuis ce matin, j’essaye de vous écrire un billet songé sur les dangers qui guettent notre planète, et en particulier le coin ou j’ai posé mon sac. Je voulais vraiment. J’ai remis cent fois sur le métier mon ouvrage… sans résultat.

Et pour cause : le ciel et la mer m’ont noyée dans les bleus aujourd’hui. Assez pour me donner plus envie de vous parler des particularités (saviez-vous que notre péninsule est une gigantesque plaque flottant sur une fine couche d’eau douce et salée, qui communique avec la mer ?) et des beautés de la péninsule du Yucatan que des problèmes causés par le surdéveloppement touristique…

Réflexions

Une de ces prochaines fins de semaines, j’irai visiter l’un des  joyaux du Patrimoine Mondial de l’Unesco, la biosphère de Sian Ka’an.

Sian Ka’an, en maya, signifie « origine du ciel ».

Située près de Tulum, cette immense réserve (en fait le plus vaste territoire protégé de toute la péninsule) abrite forêts tropicales, mangroves et marais, ainsi qu’une vaste étendue marine traversée par une barrière de récifs. Elle abrite une flore et une faune très riches – plus de 300 espèces d’oiseaux et une centaine d’espèces de mammifères.

On explore la réserve via le Centre Ecologique de Sian Ka’an qui offre informations, excursions dirigées et hébergement à ceux qui veulent visiter la réserve.

Une autre découverte ?

Véritable paradis pour les ornithologues, lieu de refuge de l’une des colonies de flamants roses la plus importante du Mexique, Rio Lagartos, à une centaine de kilomètres au nord de Valladolid, est une autre réserve protégée que je me promets d’aller découvrir. Y cohabitent plus de deux cents espèces d’oiseaux …

Bonne journée de la Terre…

Fin d’une (très) longue parenthèse

la besace à l'embarquement

Partir c’est mourir un peu, dit le proverbe… les deux mois à Montréal ont été très intenses, entre famille, amis, travail et Grand Chambardement.

La besace et sa très fatiguée nomade ont pris l’avion le 21 mars… un vol sans histoire suivi de deux semaines à prendre le temps, le temps de ne rien faire, le temps de relaxer, le temps de se promener un peu à travers la péninsule en compagnie de la copine qui a fait le voyage avec moi …

Mercado 23 - Suzie

Je m’installe maintenant dans ma nouvelle vie, sans trop réaliser encore que le sac de voyage ne sortira pas de l’armoire avant le mois de septembre pour de brèves retrouvailles avec Montréal. Tout un changement puisque depuis 5 ans, je change d’ile une fois tous les deux mois…

La nomade veut cette fois poser son sac quelque temps, se consacrer à une de ses deux oasis, mais toujours à ses deux tribus, l’une sur place, l’autre désormais virtuelle, mais si proche néanmoins !

Vivre à Isla Mujeres, travailler à Montréal, réseauter sur trois continents –  un mode de vie plaisant, qui demande juste un peu d’organisation…

Le nouveau bureau de la nomade